Actualités

Au Lac du Bouchet...GAROU, DIOGENE DES BOIS

0c4fee20ec978ca61c940e0904e197a1

Thèmes: BALADES ET DECOUVERTES

Date création: 03/10/2008

Ni Schtroumph, ni S.D.F., Garou n’était pas non plus philosophe. S’il vivait dans un tonneau c’était tout simplement parce que, comme lui, la barrique était là, au milieu des bois... et qu’ils étaient faits pour se rencontrer.
Soudain propriétaire d’un tonneau de cinquante hectolitres acquis au terme d’un troc rural, Auguste Blanc, du Bouchet-Saint-Nicolas en Haute-Loire, décida d’en faire un abri où se préserver la couenne les jours de grand vent. Avec un toit de zinc, une porte et une fenêtre, le noble récipient posé dans une clairière à un jet de salive du lac du Bouchet, trouvait ainsi une seconde vocation de cabane de berger.

Mais voilà que, sans jamais être allé voir chez les grecs, ni même dans leurs livres, Pierre Brun, dit “Garou”, examina la barrique et finalement décréta comme Diogène: “Ca me suffit!”

Il faut dire qu’il avait oublié depuis quelques dizaines d’années de faire le ménage chez lui et que la masure commençait à le lui reprocher en lachant quelques tuiles et pierres sur de précieux litrons honnêtement gagnés.
Garou s’activait notamment à sonner les jours d’orage les cloches anti-grêle au risque de finir, au moindre coup de foudre, en résidu charbonneux oscillant sur la chaîne. Il était également chargé de trouver à chacun, le moment venu, un coin de cimetière et à y creuser un trou convenable. Bref, notre homme gagnait ainsi deux ou trois sous et gratifications diverses immédiatement convertibles en liquide sur un amical bout de comptoir où il avait coutume de s’user le coude en toute liberté.

 

 



Avec la pêche et la cueillette des champignons, Garou passait ainsi une bonne république sans même se préoccupper de philosophie, goutant la vie à mesure qu’elle lui était servie et de préférence “au vert”, en plein champ, là où il avait fait ses premières classes “nature” de gosse doué pour respirer, sentir et observer.
Alors vivre comme ça, à soixante balais et des poussières, dans un tonneau au coeur de son domaine, ça valait mieux que l’hôpital où un seul séjour avait suffi à le convaincre que non, décidemment, ce ne serait pas là qu’il vieillirait.

Ce gourmand de vin de chopine, c’est finalement l’eau du lac qui l’a, un soir de printemps, définitivement enivré, le tirant par le fil de sa ligne de fond. Sans doute pour lui donner affectueusement l’humide baiser d’une nature maternelle.

 

Auteur: Luc Olivier

Mentions Légales | Conditions d'utilisation | Liens partenaires | Contact | Actus Magazine Haute-Loire | Evènements Haute-Loire | Météo en Haute-Loire | Annuaire Haute-Loire | Petites annonces Haute-Loire | Balades en haute-Loire | Hébergement Haute-Loire

Copyright ©2007, tous droits réservés ClicMedia